Travail du dimanche dans le commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire : majoration et repos compensateur

Par
Cécile Derouin
25 mai 2026
5 min

Le travail dominical dans le commerce de gros et de détail alimentaire est strictement encadré. 

La convention collective nationale du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (IDCC 2216) prévoit des règles et des contreparties spécifiques en termes de majoration de salaire et de repos compensateur. Voici l’essentiel à connaître pour appliquer ces dispositions en toute conformité.

Principe du repos dominical

En droit du travail, le principe est clair : le repos hebdomadaire est donné le dimanche (article L3132-3 du Code du travail)

Le travail dominical constitue ainsi une dérogation exceptionnelle. Il peut être mis en place de manière permanente ou temporaire si l’activité le justifie et dans le respect de règles précises (règles conventionnelles, autorisation administrative, applicables à l’ensemble du territoire ou à certaines zones précisément délimitées, etc). 

Dans le commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, le travail du dimanche peut répondre à des besoins opérationnels spécifiques : préparation des commandes, logistique, ou approvisionnement des clients professionnels.

Travail du dimanche occasionnel : quelles contreparties ?

Dans le secteur du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, le travail du dimanche est considéré comme exceptionnel ou occasionnel (article 5.13.2) dans deux cas :

  • Lorsque le repos simultané des salariés le dimanche crée un préjudice au public ou au fonctionnement normal de l’entreprise. Dans ce cas, le travail accompli nécessite une autorisation préalable du préfet.
  • En cas d'ouverture exceptionnelle décidée par arrêté municipal dans la limite de 12 par an (appelés les “dimanches du maire”).

Dans ces cas, une condition essentielle s’impose : seuls les salariés volontaires, ayant donné leur accord écrit, peuvent travailler.

Les salariés volontaires bénéficient alors de deux avantages cumulés :

  • Une majoration de salaire de 100 %

Exemple :
Un salarié rémunéré 14 € de l’heure perçoit :

14 € (salaire normal) + 14 € (majoration) = 28 € par heure

  • Un repos hebdomadaire décalé. Le repos doit être accordé dans un délai de 15 jours avant ou après le dimanche travaillé. 

Travail du dimanche régulier : règles selon la surface du commerce

Le travail dominical peut être habituel le dimanche jusqu’à 13 heures, et sous réserve d’être prévu dans le contrat de travail du salarié (article 5.13.3 CCN et article L.3132-13 du Code du travail).

Les contreparties dont bénéficient les salariés qui travaillent le dimanche varient alors selon la surface de vente

Commerces inférieurs ou égal à 400 m²

Les salariés bénéficient :

  • D’un repos compensateur d’une journée par quinzaine; 
  • D’une majoration de 20 % de salaire, uniquement si le salarié ne bénéficie pas de 1,5 jour de repos consécutif dans la semaine (soit un repos du dimanche après-midi au lundi)

Exemple :
Une salariée rémunérée 14 € de l’heure travaille le dimanche sans repos de 1.5 jour dans la semaine perçoit :

  • 14 € + 2,80 € = 16,80 € par heure

Commerces supérieurs 400 m²

Dans les grandes surfaces, les règles sont légèrement différentes :

  • Attribution d’un repos compensateur équivalent (une journée par quinzaine),
  • Majoration minimale de 30 % de salaire pour les heures travaillées jusqu’à 13h le dimanche.

Exemple :
Un salarié payé 14 € de l’heure perçoit :

  • 14 € + 4.20 € = 18,20 € par heure
infographie sur le travail dominical dans la convention collective de détail et de gros à prédominance alimentaire et les conditions et contreparties applicables

Conditions indispensables à respecter

Le recours au travail du dimanche impose le respect de plusieurs règles fondamentales :

  • Un volontariat obligatoire pour le travail occasionnel,et l’impossibilité de sanctionner un salarié en cas de refus.
  • Le respect du repos hebdomadaire légal, même s’il est décalé.
  • L’organisation conforme au contrat de travail pour les situations régulières.

⚠️ Il est essentiel de ne pas confondre ces règles avec celles applicables aux jours fériés, qui relèvent d’un régime distinct.

Points de vigilance pour les employeurs

Les employeurs doivent être particulièrement attentifs aux éléments suivants :

  • Vérifier si un accord d’entreprise prévoit des règles spécifiques.
  • S’assurer que les dispositions appliquées sont au moins aussi favorables que le Code du travail.
  • Examiner les clauses du contrat de travail, qui peuvent prévoir des avantages supplémentaires.
  • Garantir la traçabilité du volontariat écrit des salariés.

Le non-respect de ces obligations peut entraîner des risques juridiques et financiers importants.

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FAQ

Un salarié peut-il refuser de travailler le dimanche ?

Oui, si le dispositif repose sur le volontariat. Le refus ne peut entraîner aucune sanction.

Quelle différence entre travail occasionnel et régulier ?

Le travail occasionnel dépend d’autorisations spécifiques, tandis que le travail régulier est prévu au contrat de travail.

Une autorisation administrative est-elle toujours nécessaire ?

Non, certaines dérogations sont prévues directement par la réglementation ou la convention collective. 

Que risque l’employeur en cas d’irrégularité ?

Des sanctions financières, des rappels de salaire et des contentieux prud’homaux peuvent être engagés.

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